2026-05-17

Logiques d'encampement: Des guerres coloniales aux réfugiés en passant par les pratiques des régimes totalitaires du XXe siècle


Atelier-débat autour d'une thématique de l'exposition OST qui nous interpelle aujourd'hui



Rendez-vous du dimanche 17 mai 15 heures
Gare-Usines de Dudelange


L'historien belge Joël Kotek (Université libre de Bruxelles), a constaté la récurrence du phénomène de l'encampement. En prenant, comme point de départ de son enquête la pratique des régimes totalitaires du XXe siècle, il constate que la réalité des camps a précédé ces derniers dès le XIXe siècle dans le contexte de guerres civiles (Guerre de Sécession aux États-Unis) ou coloniales (Guerre des Boers, "Hererokrieg") et a persisté au-delà notamment dans la gestion des flux de réfugiés. Assez tragiquement l'exposition OST comporte un exemple qui montre qu'à deux générations près des groupes de personnes peuvent se retrouver dans l'engrenage des camps: travailleurs forcés ukrainiens en 1942, réfugiés ukrainiens aujourd'hui.

Tout en ne pas confondant le degré oppressif des systèmes totalitaires avec les pratiques actuelles, on note des parallèles qu'il convient d'interroger.

En comparant les camps avec la prison Joël Kotek constate que l'encampement relève d'une décision administrative et non judiciaire, que contrairement à un jugement il ne comporte pas de délai clairement fixé et que les personnes qui en relèvent n'ont à priorité contrevenu à aucune disposition légale.



Copyright Julien Garoy Le Quotidien, 2023

Structure d'accueil en principe provisoire à la Foire de Luxembourg

Parmi les personnes réfugiées au Luxembourg, le mot "camp" circule pour désigner les lieux qui leur ont été alloués par les autorités publiques. Ces endroits n'ont à une exception près pas l'aspect d'un village de tentes. Le terme "camp" désigne ici plutôt un mode de vie, caractérisé par la mise sous tutelle des habitants pour des motifs de gestion administrative.

Dans un échange avec Inna Ganschow, auteure de la recherche sur les travailleuses et travailleurs forcés de l'ancienne URSS au Luxembourg et Stefan Kunzmann, politologue, journaliste et depuis des années observateur attentif de la question réfugiée au Luxembourg, nous nous interrogerons sur l'encampement et sur l'empreinte que cette pratique impose au devenir des personnes - dont des enfants - qui y sont soumis parfois pendant des années.

Nombre de personnes réfugiées au Grand-Duché aspirent à adopter la nationalité luxembourgeoise. À ce titre nous constatons avec le Musée d'histoire de l'immigration parisien que "leur histoire, est notre histoire"

Manifestation en langue allemande et française.

Gratuite et libre d'accès